Lexique et définitions

Français

Le terme « Roms » utilisé au Conseil de l'Europe désigne les Roms, les Sintés (Manouches), les Kalés (Gitans) et les groupes de population apparentés en Europe, dont les Voyageurs et les branches orientales (Doms, Loms) ; il englobe la grande diversité des groupes concernés, y compris les personnes qui s'auto-identifient comme « Tsiganes » et celles que l'on désigne comme « Gens du voyage ».

 

Une “bonne pratique” est “un procédé ou une méthodologie qui s’est montré efficace dans un certain contexte et pourrait également l’être dans un autre » (David Skyrme Associés. 2008); « Une méthode ou une technique qui a constamment montré des résultats supérieurs à ceux obtenus par d’autres moyens, et qui est utilisée comme référence » (Dictionnaire des Affaires) ; « Une bonne pratique est définie comme quelque chose dont il a été testé et prouvé que ça fonctionnait d’une certaine façon – soit complètement ou en partie  mais avec au moins quelques preuves d’efficacité – et qui peut avoir un impact concret dans n’importe quel autre contexte. Trois niveaux possibles de bonnes pratiques ressortent de ceci : les pratiques prometteuses, les pratiques démontrées et les pratiques reproduites (ou meilleures) [1] .» (Olivier Serrat).

 

Les définitions suivantes sont tirées de la Recommandation CM/Rec (2008)5 sur les politiques en faveur des Roms susmentionnée :

Une « politique » est un plan global énonçant des méthodes et objectifs généraux, et visant à orienter et à déterminer les décisions présentes et futures, notamment dans le domaine de la législation et de la programmation.

Une « stratégie » est un plan détaillé reposant sur des objectifs à long terme pour l’obtention de résultats positifs dans des situations, comme l’emploi des Roms, ou bien une technique pour l’élaboration de projets adaptés aux situations de cette nature.

Un « programme » est une série de projets poursuivant un objectif global commun.

Un « projet » est une série d’activités poursuivant des objectifs précis, conçues pour produire un résultat spécifique dans un délai donné.

« L’objectif spécifique du projet » est l’objectif central du projet. L’objectif spécifique doit répondre au problème central et être défini en termes de bénéfices durables pour le(s) groupe(s) cible(s). Il ne doit y avoir qu’un seul objectif spécifique par projet.

Un « objectif » est la description du but d’un projet ou programme. Le concept générique d’objectif englobe les activités, les résultats, l’objectif spécifique et les objectifs globaux.

Un « produit/output » est le produit clairement identifié issu d’activités.

Les « résultats » sont les « produits » des activités mises en œuvre. L’ensemble des résultats contribue à la réalisation de l’objectif spécifique, à savoir le moment où les groupes cibles commencent à percevoir des bénéfices durables.

« L’impact/l’issue » est l’effet du projet sur son environnement plus large et sa contribution aux objectifs sectoriels plus larges, résumés dans les objectifs globaux du projet, et sur la réalisation des objectifs politiques cadres.

Un « indicateur » est un changement observable ou un événement qui prouve la survenue d’un changement à court ou à long terme. Les indicateurs peuvent se situer à tous niveaux d’effort et d’effet, des produits aux objectifs.

Les « repères/points de référence » sont un type d’indicateur concrètement vérifiable relatif aux objectifs (généralement aux activités) à court et moyen terme qui permet de mesurer les réalisations tout au long du projet plutôt qu’à la fin. Les repères indiquent également les moments auxquels il conviendrait de prendre les décisions ou d’achever une action.

La « participation » est la part active que prend une personne ou un groupe de personnes à une activité, dépassant le cadre de la simple consultation pour devenir une forme d’engagement concret, constant et efficace.

Le « suivi » est l’appréciation systématique et continue de l’avancement d’un projet (travail) au fil du temps pour vérifier que les choses se déroulent comme prévu et procéder méthodiquement aux ajustements requis.

« L’évaluation » est l’examen périodique de la pertinence, des performances, de l’efficacité et du taux de réalisation des objectifs généraux.

La « diffusion » est la large transmission de connaissances, de produits développés et de résultats de projets (par exemple, méthodes, produits, programmes éducatifs, instruments/outils, modèles, enseignements et idées politiques) auprès de groupes cibles jouant un rôle dans le processus d’intégration au processus général.

« L’intégration au processus général » est une stratégie permanente, orientée sur les processus, visant à intégrer les méthodes de travail ciblant des groupes particuliers ou des aspects spécifiques à des politiques organisationnelles régulières, dans le but ultime d’influencer la politique et la mise en œuvre, et d’entraîner des changements fondamentaux. Exemples : horizontalement (au sein des activités ou des secteurs d’organisations analogues), verticalement (dans les politiques locales, régionales ou nationales) ou transnationalement (dans des organisations partenaires ou par l’intermédiaire d’instances telles que la Commission européenne ou le Conseil de l’Europe).

« Action positive » : « Pour assurer la pleine égalité dans la pratique, le principe de l’égalité de traitement n’empêche pas un Etat membre de maintenir ou d’adopter des mesures spécifiques destinées à prévenir ou à compenser des désavantages liés à la race ou à l’origine ethnique. » (Directive 2000/43/CE). « La loi doit prévoir que l’interdiction de la discrimination raciale n’empêche pas de maintenir ou d’adopter des mesures spéciales temporaires destinées à prévenir ou à compenser les désavantages subis par [les Roms et/ou les Gens du voyage] ou à faciliter leur pleine participation dans tous les domaines de la vie. Ces mesures ne doivent pas être maintenues une fois atteints les objectifs visés. » (Recommandation de politique générale n° 7 de l’ECRI sur la législation nationale pour lutter contre le racisme et la discrimination raciale, paragraphe 5).

 



[1] Certains préfèrent utiliser le terme de “meilleure pratique” ; on peut toutefois débattre de savoir s’il existe une seule “meilleure” approche étant donné que les approches sont en constante évolution et impliquent une adaptation.